Demandez à un transitaire ce que la Golden Week chinoise va vous coûter cette année : on vous répondra huit jours, dix jours, parfois quinze. Demandez-le au Conseil des affaires d’État, la réponse est quatre.
Réponse courte : la fête de la mi-automne tombe le vendredi 25 septembre 2026 et la Golden Week de la fête nationale court du 1er au 7 octobre 2026. Ce sont deux coupures séparées, pas une seule longue. Le dimanche 20 septembre et le samedi 10 octobre sont des jours ouvrés imposés. Sur les quatre semaines du 14 septembre au 12 octobre, il reste 17 jours ouvrés là où un calendrier ordinaire en donnerait 21 : quatre jours perdus, nets.
C’est une coupure beaucoup plus courte que celle contre laquelle presque tout le monde se prépare, et c’est la raison d’être de cet article. Le risque n’est pas dans l’arrêt cette année. Il est dans la file d’attente sur laquelle l’arrêt vient se poser, dans les départs que les armements ont déjà retirés de la semaine d’après, dans une échelle de cut-off qui n’est publiée nulle part — et, pour un importateur français, dans une date que ni le client ni l’armement ne fixent, parce qu’elle est fixée par arrêté : le 6 décembre 2026.
Les dates, en un tableau
| Date | Jour | Statut | Ce que ça change pour la marchandise |
|---|---|---|---|
| 20 septembre | dimanche | Jour ouvré (rattrapage tiaoxiu) | Dimanche travaillé : pré-acheminement et douane disponibles |
| 25 septembre | vendredi | Mi-automne, jour férié légal | Le seul jour ouvré que la mi-automne coûte |
| 26-27 septembre | sam.-dim. | Week-end naturel | Aurait été chômé de toute façon |
| 28-30 septembre | lun.-mer. | Jours ouvrés | Toute la fenêtre entre les deux coupures |
| 1er-3 octobre | jeu.-sam. | Fête nationale, jours fériés légaux | Heures supplémentaires à 300 %, non convertibles en repos |
| 4-7 octobre | dim.-mer. | Jours de repos décalés (tiaoxiu) | Heures supplémentaires à 200 % — là où la capacité revient |
| 8-9 octobre | jeu.-ven. | Jours ouvrés | La reprise |
| 10 octobre | samedi | Jour ouvré (rattrapage tiaoxiu) | Une reprise de trois jours, pas de deux |
| 11 octobre | dimanche | Repos | Un week-end d’un seul jour |
Pourquoi le calendrier qu’on vous a envoyé est celui de 2025
En 2025, la fête de la mi-automne tombait le 6 octobre, c’est-à-dire à l’intérieur de la fête nationale. Les deux n’en faisaient qu’une : un bloc unique de huit jours, du 1er au 8 octobre 2025. C’est cette coupure-là que décrivent encore la quasi-totalité des calendriers de planification qui circulent, et c’est elle que les alertes de septembre recopient.
En 2026, le quinzième jour du huitième mois lunaire tombe le vendredi 25 septembre, six jours avant le premier jour de la fête nationale. Le Conseil des affaires d’État a séparé les deux, et les commentaires chinois de la circulaire ouvrent tous sur ce point — Zhongqiu he Guoqing fen kai fang, « la mi-automne et la fête nationale sont séparées cette année ». Il n’y a pas de bloc de huit jours en 2026. La plus longue série continue de jours chômés est de sept.
Ce que la coupure coûte réellement
La mi-automne 2026 est la configuration la moins chère que cette fête puisse prendre. Elle tombe un vendredi : les trois jours annoncés sont donc un jour férié légal plus le week-end qui arrivait de toute façon, et le Conseil des affaires d’État n’y a attaché aucun jour de rattrapage — la circulaire écrit fangjia, « congé », et non fangjia tiaoxiu, « congé assorti de journées de rattrapage ». La mi-automne coûte à l’industrie chinoise exactement un jour ouvré.
Calendrier ordinaire 21 jours ouvrés
- Golden Week, en semaine -5 (1, 2, 5, 6 et 7 oct.)
- Mi-automne (vendredi) -1 (25 sept.)
+ rattrapage dimanche +1 (20 sept.)
+ rattrapage samedi +1 (10 oct.)
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Réel 17 jours ouvrés = net -4La deuxième chose que personne ne publie, c’est que trois des sept jours de la Golden Week seulement sont des jours fériés légaux : les 1er, 2 et 3 octobre. Les quatre autres sont des tiaoxiu, des jours de repos fabriqués en échange du dimanche et du samedi travaillés. Ce n’est pas un détail de forme. Au titre de l’article 44 de la loi chinoise sur le travail et des règles salariales municipales qui l’appliquent, les heures supplémentaires un jour férié légal se paient 300 % du salaire et ne peuvent pas être soldées en repos compensateur, tandis qu’un jour de repos décalé se paie 200 % et peut l’être.
28, 29 et 30 septembre
Trois jours exactement séparent les deux coupures : lundi 28, mardi 29 et mercredi 30 septembre 2026. C’est toute la fenêtre de rattrapage. Un conteneur qui manque sa remise au terminal pendant la semaine du 21 au 24 septembre dispose de trois jours ouvrés pour être remis d’aplomb avant que les effectifs portuaires ne s’amincissent pour une semaine.
C’est suffisant, mais seulement si le problème est administratif. Trois jours suffisent à réémettre des instructions de connaissement, à redéposer une déclaration ou à courir après un VGM. Ils ne suffisent pas à refabriquer une référence manquante, ni à replanifier un chargement, le faire repréparer, réempoter et attraper quand même une coupure au terminal. Tout ce qui suppose que l’usine refasse quelque chose ne tient pas dans cette fenêtre. Et trois jours ne suffisent pas davantage à retrouver une allocation qui a sauté : hors allocation, la marchandise part avec le navire suivant, quel que soit le taux consenti.
Le cut-off que personne ne publie
Tous les articles Golden Week que vous lirez ce mois-ci contiennent une variante de la même échelle : instructions de connaissement deux à trois jours avant le départ, VGM un ou deux jours plus tard, remise du conteneur au terminal un à deux jours avant le navire. Elle est citée avec une telle constance qu’elle finit par se lire comme un règlement.
Aucun armement ne la publie. Maersk indique que les échéances de remise au terminal, d’instructions de connaissement et de VGM sont communiquées « au moment de la réservation, via votre confirmation de booking », et que la coupure VGM « peut varier et sera donc communiquée séparément par les organisations locales ». Hapag-Lloyd est tout aussi net : « la coupure VGM est déterminée localement ». L’échelle existe, au sens où votre booking en porte une — elle n’est simplement pas un standard publié, et elle n’est pas la même au poste à quai voisin. Le métier français parle d’ailleurs de trois coupures distinctes qu’il ne faut pas confondre : le cut-off documentaire, le cut-off physique et le cut-off douane.
La convention SOLAS, qui a créé l’obligation de VGM, ne fixe elle-même aucune durée. La règle 2 du chapitre VI, modifiée par la résolution MSC.380(94), exige seulement que la masse brute vérifiée soit fournie « suffisamment à l’avance pour être utilisée dans l’établissement du plan d’arrimage du navire ». Toute échéance VGM chiffrée que vous avez respectée était une décision commerciale — ce qui explique précisément pourquoi c’est la coupure la plus susceptible de bouger dans la quinzaine qui précède une fête.
| Échéance | Fixée par | La règle réelle |
|---|---|---|
| Import UE (ENS) | Art. 105 du RDC (règl. 2015/2446) | Conteneurisé hors cabotage : 24 h avant chargement sur le navire |
| France, avant-dédouanement | ICS2 et ANTES, douane.gouv.fr | Obligatoires pour tous les opérateurs depuis le 1er septembre 2025 |
| Export Chine | Ordonnance GACC n° 277, art. 7 | 24 h avant chargement, après entrée en zone sous douane |
| Dépôt anticipé Chine | Ordonnance GACC n° 277, art. 9 | Autorisé jusqu’à 7 jours avant l’entrée en zone sous douane |
| Import US (ISF) | 19 CFR 149.2(b) | 8 des 10 rubriques 24 h avant chargement au port étranger |
| Manifeste US (AMS) | 19 CFR 4.7(b)(2) | Déclaration de cargaison au CBP 24 h avant chargement |
| VGM | SOLAS VI/2, MSC.380(94) | Aucun chiffre. « Suffisamment à l’avance » — l’armement décide |
| Instructions / remise au terminal | Confirmation de booking | Aucun standard publié. Par booking, par terminal |
Un dernier mythe à ranger : la douane chinoise ne ferme pas pendant les fêtes. Elle passe en effectif réduit avec dédouanement sur rendez-vous (yuyue tongguan), maintient les zones sous douane spéciales en 7×24 et ouvre un couloir vert explicitement réservé aux marchandises dites chuanqi linjin — celles dont le navire est imminent —, tout en fermant les guichets de déclaration en présentiel. La douane de Fuzhou publie le chiffre opérationnel : un rendez-vous de dédouanement pendant les fêtes doit en principe être demandé deux jours ouvrés à l’avance, et les entreprises déclassées n’y ont en général pas droit. La contrainte n’est pas la fermeture, c’est le délai de prise de rendez-vous. Le miroir français mérite d’être posé dans la même phrase : HAROPA PORT publie que 93,5 % des déclarations passées au Havre sont dédouanées en moins de cinq minutes, pour un délai moyen d’immobilisation de 2 mn 21, en H24 7J/7 et avec des contrôles physiques uniquement sur ciblage. Il n’y a rien à rattraper de ce côté-là. Tout ce qui peut encore être gagné se gagne avant la coupure de Shanghai.
La file d’attente devant les fêtes
Voici ce qui fait qu’une coupure de quatre jours se comporte comme une quinzaine. La Golden Week 2026 arrive par-dessus un retard qui n’est pas résorbé.
Après les typhons d’août — une saison au-dessus de la normale, avec les atterrissages de Bavi, Dolphin, Narra, Peilou et Chan-Hom —, environ 400 000 EVP (équivalents vingt pieds, TEU en anglais) étaient immobilisés à la mi-août entre Shanghai et Ningbo-Zhoushan, avec près de 200 navires au mouillage extérieur de Shanghai. La consigne publiée par les ports eux-mêmes était que le retard serait digéré, selon leur formule, yuji jiang zai jiu yue di qian wancheng xiaohua : avant la fin septembre. La date de résorption annoncée par les ports et le premier jour des fêtes sont le même jour.
Au 1er septembre, les agrégats mondiaux donnaient 3,92 millions d’EVP immobilisés — environ 11 % de la flotte conteneurisée —, l’Asie du Nord pesant 54 % de la congestion portuaire mondiale et près de 2,5 millions d’EVP attendant leur mise à quai à bord des navires. Ce sont des compilations de presse professionnelle à partir de données d’analystes, pas un indice publié : prenez la précision avec des pincettes, la direction est en revanche corroborée par les chiffres du portail municipal de Shanghai et par les avis aux clients des armements. L’avis Maersk du 4 septembre confirme la saison et ajoute que les quatorze ports les plus actifs de la région voient tous leur ponctualité se dégrader.
Les ports ont annoncé une résorption pour la fin septembre. Les fêtes commencent le 1er octobre.
La semaine supprimée est celle d’après, pas celle qui est chômée
L’intuition dit que les armements suppriment des départs pendant la semaine des fêtes, puisque rien ne bouge. Le programme publié dit le contraire, et c’est la forme du programme qui est utile.
| Service | Voyage | Départ | Ligne | Par rapport aux fêtes |
|---|---|---|---|---|
| AE15 (Maersk) | 640W / 645E | 28 septembre, Qingdao | Asie–Europe | Avant |
| AE12 (Maersk) | 641W / 648E | 8 octobre, Ningbo | Asie–Europe | Après |
| AE1 (Maersk) | 641W / 648E | 10 octobre, Shanghai | Asie–Europe | Après |
| TP8 (Maersk) | 640E | 9 octobre, Busan | Transpacifique | Après |
| TP12 (Maersk) | 641E | 9 octobre, Ningbo | Transpacifique | Après |
| Jade (MSC) | GJ639W | Semaine 39 (21-27 sept.) | Asie–Méditerranée | Avant, sur la mi-automne |
| Swan (MSC) | FW640W | Semaine 40 (28 sept.-4 oct.) | Asie–Europe du Nord | À cheval : fenêtre, puis fêtes |
| Britannia (MSC) | QB640W | Semaine 40 (28 sept.-4 oct.) | Asie–Europe du Nord | À cheval : fenêtre, puis fêtes |
| Lion (MSC) | GL641W | Semaine 41 (5-11 oct.) | Asie–Europe du Nord | À cheval : fêtes, puis reprise |
Les armements ne coupent pas la semaine chômée. Ils coupent la semaine d’après, parce que la marchandise qui aurait rempli ces navires n’a jamais été produite. Cela renverse le conseil habituel : le départ qui doit vous inquiéter n’est pas le dernier avant la coupure, c’est le premier après — celui sur lequel vous seriez naturellement roulé. Et pour un import français, le choix du port d’arrivée n’est pas un contournement : un service dérouté par le cap de Bonne-Espérance remonte l’Atlantique, dessert l’Europe du Nord en tête de rotation et fait sortir la Méditerranée de la rotation naturelle, si bien que Fos redevient une escale de transbordement. Chaque transbordement est une escale de plus, donc une occasion de plus d’être roulé. En fenêtre serrée, prendre Fos pour « gagner des jours » achète un risque, pas des jours.
L’évaluation Drewry du 3 septembre 2026 place le composite à 4 465 $ le conteneur 40 pieds, stable d’une semaine sur l’autre après 4 526 $ le 20 août, avec Shanghai–Rotterdam à 4 092 $ (−5 %), Shanghai–Gênes à 4 368 $ (−10 %), Shanghai–Los Angeles à 7 185 $ (+5 %) et Shanghai–New York à 9 587 $ (+3 %). Pour la semaine suivante, les suppressions annoncées triplaient sur le transpacifique — six contre deux — pendant qu’elles retombaient de quatre à une sur l’Asie–Europe. Sur le suivi Drewry du 4 septembre, 68 % des perturbations concernent le transpacifique en direction de l’est. Autrement dit : les gros titres sur la capacité supprimée parlent en grande partie du trafic de quelqu’un d’autre. Un chiffre plus actionnable pour un chargeur qui choisit son armement : c’est l’alliance Gemini qui affiche le taux de suppression le plus bas, à 1 %.
Votre date de porte, et le mur du 6 décembre
Le chiffre qui compte n’est pas la date de départ, c’est la date de porte. Un importateur français dispose là d’un avantage réel et d’une contrainte que ses voisins n’ont pas. L’avantage : HAROPA PORT revendique, « pour la majorité des services », d’être le premier port touché à l’import et le dernier à l’export dans la rotation nord-européenne — sur un même navire, la boîte débarquée au Havre l’est avant celles de Rotterdam, d’Anvers et de Hambourg. La contrainte : une fois la boîte débarquée, il n’y a plus rien à rattraper côté français, parce que la fin de la saison n’est fixée ni par le client ni par l’armement, mais par un arrêté.
| Scénario | Départ Shanghai | Mise à quai au Havre | Porte de l’entrepôt | Ce qu’il reste |
|---|---|---|---|---|
| A — dernier départ avant les fêtes | jeudi 24 septembre (S39) | samedi 24 octobre (S43) | jeudi 29 octobre | Black Friday avec quatre semaines d’avance ; éligibilité aux soldes acquise |
| B — premier départ après | vendredi 9 octobre (S41) | dimanche 8 novembre (S45) | vendredi 13 novembre | Black Friday à quatorze jours ; la marge a fondu de moitié |
| C — roulé d’un départ | lundi 19 octobre (S43) | mercredi 18 novembre (S47) | lundi 23 novembre | Quatre jours avant Black Friday |
| C dégradé — 34 jours de mer | lundi 19 octobre (S43) | dimanche 22 novembre (S47) | vendredi 27 novembre | Le jour même de Black Friday ; huit jours avant la mise en rayon du 5 décembre |
Mettez maintenant ces dates de porte en face de la saison française. Black Friday tombe le vendredi 27 novembre 2026, et en droit français ce n’est pas une période de soldes mais une promotion : le réapprovisionnement y est libre, le mot « soldes » y est interdit, et une collection arrivée tard peut encore y être bradée. Les soldes d’hiver, elles, sont enfermées par le code de commerce. L’arrêté du 27 mai 2019 les ouvre le deuxième mercredi de janvier à 8 heures, date avancée au premier mercredi lorsque le deuxième tombe après le 12. En janvier 2027, le deuxième mercredi est le 13 : la règle bascule et les soldes d’hiver ouvrent le mercredi 6 janvier 2027 à 8 heures, pour quatre semaines. Et l’article L310-3 ajoute qu’un commerçant ne peut solder que des produits proposés à la vente depuis au moins un mois, sans pouvoir se réapprovisionner une fois la période ouverte. Ajoutez un dernier grain de sable purement national : le mercredi 11 novembre 2026 est férié, et l’arrêté du 16 avril 2021 gèle la circulation des ensembles de plus de 7,5 t de PTAC du mardi 10 à 22 h au mercredi 11 à 22 h — vingt-quatre heures de post-acheminement effacées en plein milieu de la semaine où sortent du Havre les boîtes du premier départ post-fêtes.
Ce que coûte un conteneur de trop ce trimestre
En semaine ordinaire, un conteneur à moitié vide de plus est un problème de comptabilité. Vous en avez réservé trois là où deux auraient suffi, et le troisième coûte un taux de fret. Aucun indice ne publie de couple de ports français : un import Shanghai–Le Havre se cote sur la référence Europe du Nord, soit 4 092 $ le conteneur 40 pieds au relevé Drewry du 3 septembre 2026, et un import par Fos sur la référence Méditerranée, 4 368 $. Désagréable, supportable, et le genre de chose qu’on remarque à la revue trimestrielle plutôt que le jour même.
Dans la quinzaine qui entoure une fête, ce troisième conteneur cesse d’être une ligne de facture et devient un problème de calendrier. C’est un booking de plus à faire passer une coupure dans la même fenêtre, une boîte de plus dans la même file de mise à quai, une allocation de plus à trouver, et un candidat de plus au roll-over — sur des départs qui, comme le montre le tableau plus haut, sont précisément ceux que les armements ont déjà supprimés. En France, c’est aussi une boîte de plus à faire franchir la porte avant le 5 décembre.
Si ce point mérite un article et non une note de bas de page, c’est que découper une commande par référence n’est pas une faute d’étourderie. C’est plus simple pour l’entrepôt, plus simple pour la liste de colisage, plus simple pour la déclaration en douane, et c’est ainsi qu’un très grand nombre de commandes partent. Cela coûte un conteneur sur trois, et onze mois sur douze, c’est un prix que l’on paie en connaissance de cause.
870 cartons, deux plans
Voici la commande, passée deux fois dans CargoDuo. C’est un envoi d’automne parfaitement banal de prêt-à-porter automne-hiver au départ de Shanghai — trois références, 870 cartons, 127,56 m³ et 18 540 kg au total.
| Référence | Carton | Poids | Cartons | Volume |
|---|---|---|---|---|
| Carton-penderie, manteaux sur cintres | 200 × 60 × 25 cm | 42 kg | 110 | 33,00 m³ |
| Carton de mailles, pulls pliés | 60 × 40 × 40 cm | 12 kg | 460 | 44,16 m³ |
| Carton à plat, jeans et pantalons | 120 × 70 × 20 cm | 28 kg | 300 | 50,40 m³ |
| Total | — | 18 540 kg | 870 | 127,56 m³ |
Plan A : une référence par conteneur
Chacun de ces trois conteneurs est correctement chargé. Rien n’est mal gerbé, rien n’est en surcharge, et pris isolément chacun ressemble à un usage raisonnable d’une boîte. Le gaspillage n’est à l’intérieur d’aucun des trois : il est dans la décision d’en avoir trois.
Plan B : les mêmes 870 cartons, planifiés en un seul chargement
Planifiés ensemble, les mêmes 870 cartons tiennent dans deux conteneurs 40 pieds high cube, à 91,86 % et 75,40 %, sans rien laisser à quai. Le premier emporte 463 cartons et 10,94 t ; le second en emporte 407. L’équilibre gauche-droite ressort à 7,85 %, confortablement dans la tolérance.
L’argent est réel et ce n’est pas le sujet. Le sujet est la dernière ligne. Dans la semaine du 28 au 30 septembre, la différence entre deux bookings et trois ne vaut pas 4 092 $ : elle vaut une chose de moins qui doit se passer correctement dans une fenêtre de trois jours ouvrés, une allocation de moins à trouver, et une boîte de moins exposée à un roll-over vers un départ déjà supprimé.
Avant le 30 septembre
- Mettre à la poubelle tout calendrier de planification daté de 2025 : la forme des fêtes a changé, et la place des jours de rattrapage aussi.
- Faire confirmer le dimanche 20 septembre comme jour ouvré par l’usine et par le pré-acheminement, et le samedi 10 octobre pour la reprise.
- Relever les cut-off réels — remise au terminal, instructions de connaissement, VGM — sur chaque confirmation de booking. Ne rien planifier sur une échelle générique.
- Faire déposer la déclaration d’export chinoise sous la fenêtre des sept jours plutôt que d’attendre l’entrée en zone sous douane.
- Vérifier l’allocation avant le taux : hors allocation, la marchandise part avec le navire suivant — et le navire suivant est peut-être supprimé.
- Si un rendez-vous de dédouanement est nécessaire côté chinois pendant les fêtes, le demander au moins deux jours ouvrés à l’avance.
- Planifier la commande entière comme un seul chargement avant de réserver, et non un booking par référence.
- Prendre son repère de taux le 30 septembre : la publication suivante est le 9 octobre.
- Remonter le calendrier depuis le 5 décembre 2026, pas depuis Black Friday : c’est cette date qui décide si la collection sera soldable le 6 janvier.
- Donner à l’équipe de quai la séquence d’empotage, pas seulement le plan — trois jours ne suffisent pas à refaire un conteneur.
La reprise, et ce que veut dire le 10 octobre
La plupart des guides affichent le 8 octobre comme « retour au travail » et supposent ensuite discrètement un week-end normal. Il n’y a pas de week-end normal. Le jeudi 8, le vendredi 9 et le samedi 10 octobre sont tous des jours ouvrés, et le premier jour de repos après les fêtes est un dimanche isolé, le 11 octobre.
Cette séquence de trois jours est celle où l’on attaque le retard accumulé, et c’est aussi celle où mordent les suppressions de départs : quatre des cinq coupes Maersk annoncées partent dans cette fenêtre de trois jours. Les usines redémarrent plus lentement que le calendrier ne le laisse croire, parce que la circulaire du Conseil des affaires d’État encourage elle-même les unités à combiner la coupure avec des congés payés shiji xingcheng jiao chang jiaqi — pour « former en pratique des vacances plus longues ». Le gouvernement anticipe que les absences réelles durent plus longtemps que les absences imprimées.
Au bout de la piste, il y a le nouvel an chinois, dont le premier jour lunaire tombe le 6 février 2027. Le Conseil des affaires d’État n’avait pas publié l’arrangement 2027 début septembre 2026 : les dates officielles et les jours de rattrapage ne sont donc pas connus. Ne planifiez pas contre une supposition — notez seulement que la production du quatrième trimestre et la ruée d’avant le nouvel an chinois sont désormais séparées de quatre mois et non de cinq. Du côté français, la fenêtre se referme au même moment pour une autre raison : le réapprovisionnement est interdit pendant toute la durée des soldes, soit quatre semaines à compter du 6 janvier 2027.
Conclusion
Le résumé honnête de la Golden Week 2026 tient en une phrase : la coupure est plus petite qu’on ne vous l’a dit et le risque est plus grand. Quatre jours ouvrés, c’est une interruption bénigne. Quatre jours ouvrés qui tombent sur un système portuaire à une dizaine de jours de retard, dont la date de résorption annoncée est le premier jour des fêtes, avec des armements qui suppriment la semaine d’après plutôt que la semaine chômée et un signal de prix éteint pendant neuf jours — c’est une tout autre proposition.
Presque rien de tout cela n’est entre vos mains. La file de mise à quai ne l’est pas, le programme de suppressions ne l’est pas, et la coupure inscrite sur votre booking est décidée par quelqu’un d’autre sans être publiée où que ce soit. Côté français, il n’y a même plus rien à comprimer : on ne rattrape pas une coupure manquée à Shanghai en accélérant une formalité qui dure 2 mn 21. Ce qui reste entre vos mains, c’est le nombre de boîtes que vous demandez à faire passer une coupure. Dans l’exemple ci-dessus, il était de trois et aurait dû être de deux — et la différence ne tient pas à une astuce de calepinage, mais à la décision de regarder la commande entière avant de la découper en bookings.
Questions fréquentes
Quelles sont les dates exactes de la Golden Week chinoise 2026 ?
La Golden Week de la fête nationale court du 1er au 7 octobre 2026, soit sept jours. La fête de la mi-automne est séparée cette année : du 25 au 27 septembre 2026, soit trois jours. Le dimanche 20 septembre et le samedi 10 octobre 2026 sont des jours ouvrés imposés qui compensent la coupure de la fête nationale. Ces dates viennent de la circulaire du Conseil des affaires d’État Guobanfa Mingdian [2025] n° 7, publiée le 4 novembre 2025.
La Golden Week 2026 dure-t-elle huit jours ?
Non. C’était le cas en 2025, quand la fête de la mi-automne tombait le 6 octobre et fusionnait avec la fête nationale en un bloc unique du 1er au 8 octobre. En 2026, elles sont distinctes : la mi-automne court du vendredi 25 au dimanche 27 septembre, et la fête nationale ne s’ouvre que le jeudi 1er octobre, six jours après le premier jour de la mi-automne. Il ne reste que trois jours ouvrés entre les deux. La plus longue série continue de jours chômés à l’automne 2026 est de sept jours, du 1er au 7 octobre.
Combien de jours ouvrés la coupure de 2026 coûte-t-elle réellement ?
Quatre. Du 14 septembre au 12 octobre 2026, il reste 17 jours ouvrés là où un calendrier ordinaire en donnerait 21. La Golden Week retire cinq jours de semaine et en rend deux par les jours de rattrapage ; la mi-automne en retire un seul, parce qu’elle tombe un vendredi et qu’aucun jour de rattrapage ne lui est attaché.
Quel est le vrai cut-off avant la Golden Week 2026 ?
Il n’y a pas de réponse universelle, et tout article qui vous en donne une devine. Maersk et Hapag-Lloyd écrivent l’un comme l’autre que les échéances d’instructions de connaissement, de VGM et de remise au terminal sont fixées par booking et par terminal et n’apparaissent que sur la confirmation de réservation. La seule échéance légale ferme est de 24 heures avant chargement, et elle s’applique identiquement aux déclarations européennes, américaines et chinoises. Remontez depuis votre propre confirmation de booking, pas depuis une échelle générique.
La douane chinoise ferme-t-elle pendant la Golden Week ?
Non. Elle bascule en effectif réduit avec dédouanement sur rendez-vous, maintient les zones sous douane spéciales en 7×24 et ouvre un couloir vert pour les marchandises dont le navire est imminent, tout en fermant les guichets de déclaration en présentiel. Un rendez-vous de dédouanement pendant les fêtes doit en principe être demandé deux jours ouvrés à l’avance. Côté français, la question ne se pose pas dans les mêmes termes : HAROPA PORT publie que 93,5 % des déclarations passées au Havre sont dédouanées en moins de cinq minutes, pour un délai moyen d’immobilisation de 2 mn 21, en H24 7J/7.
Faut-il plutôt craindre le départ d’avant les fêtes ou celui d’après ?
Celui d’après. Les armements suppriment des départs de la semaine de retour plutôt que de la semaine chômée, parce que la marchandise qui aurait rempli ces navires n’a jamais été produite. Quatre des cinq suppressions Maersk annoncées pour la Golden Week 2026 partent le 8 octobre ou après, et les suppressions MSC portent sur l’Asie–Europe et l’Asie–Méditerranée, c’est-à-dire la ligne d’un chargeur français. Avant d’accepter un report d’embarquement, vérifiez que le départ sur lequel on vous roule n’est pas l’un d’eux.
Les taux de fret vont-ils flamber pendant la Golden Week 2026 ?
Le composite Drewry valait 4 465 dollars le conteneur 40 pieds au 3 septembre 2026, stable sur la semaine après être redescendu de 4 526 dollars le 20 août. Shanghai–Rotterdam, la référence sur laquelle se cote un import Shanghai–Le Havre, valait 4 092 dollars et reculait de 5 %. Plus utile que le niveau : le silence. La bourse maritime de Shanghai publie le 30 septembre puis plus rien jusqu’au 9 octobre. Prenez votre repère avant la coupure, pas pendant.
Quelle est la dernière date d’arrivée pour que la collection soit soldable le 6 janvier 2027 ?
Le 6 décembre 2026, et comme ce jour-là est un dimanche, la mise en rayon doit être faite le samedi 5 décembre au plus tard. Les soldes d’hiver ouvrent le mercredi 6 janvier 2027 à 8 heures et l’article L310-3 du code de commerce ne permet de solder que des produits proposés à la vente depuis au moins un mois, sans réapprovisionnement pendant la période. C’est ce qui transforme un retard maritime en inéligibilité juridique, et c’est aussi pourquoi la seule variable qui reste vraiment à l’importateur est le nombre de boîtes : 870 cartons découpés par référence remplissent trois conteneurs à 43 %, 58 % et 66 %, quand les mêmes 870 cartons planifiés ensemble tiennent dans deux conteneurs à 91,86 % et 75,40 %, sans rien laisser à quai.
Les dates chinoises viennent de la circulaire du Bureau général du Conseil des affaires d’État relative à l’aménagement de certains jours fériés pour 2026 (Guowuyuan Bangongting guanyu 2026 nian bufen jiejiari anpai de tongzhi, document Guobanfa Mingdian [2025] n° 7) du 4 novembre 2025 et des Mesures relatives aux congés des fêtes nationales et journées commémoratives (Quanguo Nianjie ji Jinianri Fangjia Banfa), quatrième révision, en vigueur depuis le 1er janvier 2025 ; les régimes d’heures supplémentaires, de l’article 44 de la loi chinoise sur le travail. Les échéances déclaratives proviennent de l’article 105 du règlement délégué (UE) 2015/2446, des articles 4.7(b)(2) et 149.2(b) du titre 19 du CFR, de la règle 2 du chapitre VI de la convention SOLAS modifiée par la résolution MSC.380(94), et des articles 7 et 9 de l’ordonnance GACC n° 277 ; les formalités françaises d’avant-dédouanement (ICS2 et ANTES) de douane.gouv.fr. La règle des soldes, la fenêtre d’antériorité d’un mois et le barème de 15 000 € / 75 000 € sont ceux publiés par service-public.gouv.fr au titre des articles L310-3, L310-5 et R310-16 à R310-17 du code de commerce et de l’arrêté du 27 mai 2019 ; l’ouverture au 6 janvier 2027 est l’application arithmétique de cette règle au calendrier 2027 et demande confirmation ministérielle. L’interdiction de circuler du samedi 22 h au dimanche 22 h et la veille des jours fériés est celle de l’arrêté du 16 avril 2021, article 1er. Les indicateurs du Havre — 93,5 % des déclarations en moins de cinq minutes, 2 mn 21 d’immobilisation moyenne, premier port touché à l’import — sont publiés par HAROPA PORT. Les taux sont le relevé Drewry du 3 septembre 2026 ; le World Container Index est réévalué chaque jeudi, vérifiez la publication en cours avant de la citer. Les suppressions de départs et les chiffres de congestion sont des reprises de presse professionnelle d’avis aux clients et de données d’analystes, signalées comme telles dans le texte. Les durées de transit et le délai de quai à porte sont des hypothèses de travail, pas des chiffres d’armement : aucun planning en ligne n’a pu être relevé pour cet article. Les plans de chargement sont des sorties réelles de CargoDuo et les captures affichent exactement ces nombres. Un chiffre a bougé ? Signalez-le, nous corrigerons.